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Compléments chez l'enfant : âge, forme et doses à vérifier

Complément pour enfant au comptoir : l'âge exact, la forme galénique avant 6 ans, les huiles essentielles et la vitamine D. Les vérifications qui comptent.

Antonin Marcon 6 min de lecture
Compléments chez l'enfant : âge, forme et doses à vérifier

Un parent demande « quelque chose pour l'immunité » pour son enfant. La question semble simple, la réponse l'est moins : un complément « enfant » n'est pas un complément pour tous les enfants. Trois vérifications font la différence au comptoir : l'âge exact, la forme que l'enfant peut réellement prendre, et ce que contient le produit au-delà de son actif principal.

L'âge exact, pas la tranche « enfant »

Sur l'étui, la mention d'âge minimal fixée par le fabricant fait partie des conditions d'emploi : « dès 3 ans », « à partir de 4 ans », « dès 6 ans ». Entre deux produits du même rayon, un an d'écart change la réponse. Pour un enfant de 3 ans et demi, un produit indiqué dès 4 ans n'est pas une option, même s'il porte le mot « kids ».

La question à poser n'est donc pas « c'est pour un enfant ? » mais « quel âge a-t-il exactement ? ». Et, pour un nourrisson, le poids et le traitement en cours.

Le cas filmé : un scan, une fiche, l'âge dans le nom

Un pharmacien d'officine qui utilise Nutrisecure a filmé une séquence de treize secondes au téléphone. Il vise le code-barres d'une boîte d'Immudia Dès 3 ans. La fiche s'ouvre sur les codes EAN, un badge « 2 contre-indications », puis le conseil pharmaceutique, les actifs et la posologie. Pas de nom à taper ; si la caméra ne lit pas le code, le champ clavier reste disponible.

L'intérêt pour la pédiatrie tient au nom même du produit : la tranche d'âge en fait partie. Scanner la boîte réellement en main évite de conseiller sur la fiche d'une autre tranche, avec une autre posologie. La séquence complète est dans le tutoriel.

La forme galénique : ce que l'enfant peut avaler

C'est le critère le plus souvent oublié, et c'est un critère de sécurité, pas de confort.

Avant 6 ans, pas de gélule ni de comprimé à avaler

L'ANSM indique qu'un enfant n'est en général pas capable d'avaler des comprimés ou des gélules avant 6 ans. Pour les 0 à 6 ans, elle cite comme formes les plus adaptées les sirops et autres formes liquides, les sachets, les comprimés à dissoudre, les gouttes buvables. Le risque en jeu est la fausse route : certains médicaments en comprimé à sucer sont même contre-indiqués avant 6 ans « en raison du risque de fausse route lié à la forme pharmaceutique », selon leur résumé des caractéristiques du produit.

Deux nuances de l'ANSM sont utiles au comptoir :

  • les mini-comprimés, de quelques millimètres, peuvent être donnés dès 6 mois, à condition de vérifier que l'enfant parvient à les avaler ;
  • il peut être possible d'ouvrir une gélule et de mélanger son contenu à une purée ou de la confiture, mais la compatibilité doit être vérifiée, et ce n'est pas possible pour toutes les gélules.

Ces repères de l'ANSM portent sur les médicaments, mais l'enfant qui avale de travers est le même. Un complément en gélule pour un enfant de 5 ans pose la même question qu'un médicament en gélule.

La forme que l'enfant accepte

L'autre versant est l'observance. Certains enfants refusent les sachets, d'autres les formes liquides. Proposer une forme que l'enfant prendra, parmi celles adaptées à son âge, évite une cure abandonnée au bout de trois jours ou, pire, un comprimé donné quand même « parce que c'est ce qu'on avait ».

Attention

Un comprimé à croquer ou à sucer n'est pas une forme liquide. Avant 6 ans, vérifier la forme et l'âge minimal indiqué par le fabricant, et demander si l'enfant sait réellement croquer ou sucer sans avaler d'un coup.

Huiles essentielles et enfants

Beaucoup de produits « hiver » ou « sommeil » pour enfants contiennent des huiles essentielles, parfois en petite quantité dans la liste des ingrédients.

L'ANSES rappelle que les huiles essentielles peuvent contenir des substances neurotoxiques et les déconseille aux enfants et aux femmes enceintes. Elle relève qu'un tiers des accidents chez l'enfant signalés aux centres antipoison sont dus à une huile essentielle donnée par erreur à la place d'un médicament, principalement la vitamine D. D'où deux consignes : garder les flacons hors de portée, et ne jamais les ranger avec les produits de soin du nourrisson.

Côté médicament, le précédent des suppositoires aux dérivés terpéniques montre ce qui est en jeu. En raison d'un risque neurologique, principalement de convulsions, ces suppositoires (camphre, cinéole, niaouli, thym sauvage, menthol, huiles essentielles d'eucalyptus ou d'aiguilles de pin, entre autres) ont été contre-indiqués en France chez les enfants de moins de 30 mois et chez ceux ayant des antécédents de convulsion fébrile ou d'épilepsie. L'EMA a ensuite retenu la contre-indication avant 30 mois au niveau européen. Ce sont des contre-indications, pas des précautions d'emploi.

Pour un complément, la lecture est la même : quelles huiles, et l'enfant a-t-il des antécédents de convulsions ? En cas de doute, le produit sans huile essentielle est le choix prudent.

Les doses : le piège de la vitamine D

La vitamine D illustre le risque de dose chez l'enfant. Les autorités de santé, ANSES comprise, ont été alertées par des cas d'hypercalcémies sévères, parfois avec lithiase ou néphrocalcinose et hospitalisation, chez des nourrissons en bonne santé exposés à des compléments de vitamine D. En 2020, deux cas graves ont été rapportés en nutrivigilance après la prise d'un complément acheté sur internet dosé à 10 000 UI par goutte.

Leur recommandation : privilégier les médicaments pour la prévention de la carence chez l'enfant, vérifier la dose administrée et ne pas cumuler plusieurs produits contenant de la vitamine D. Le texte relève aussi que des parents ou des professionnels substituent parfois un médicament par un complément à cause des conservateurs ou des huiles essentielles qu'il contient : la substitution est précisément le moment du risque.

Concrètement, avant de conseiller un multivitamine ou un produit « immunité » à un enfant, il faut savoir s'il reçoit déjà de la vitamine D sur prescription. Nos repères par population sont dans l'article vitamine D : dosage et populations à risque.

Conseil

Trois questions avant tout complément pédiatrique : « Quel âge exactement ? », « Il avale quoi sans difficulté ? », « Il prend déjà de la vitamine D ou un autre produit ? ».

Questions fréquentes

À partir de quel âge un enfant peut-il avaler une gélule ?

Selon l'ANSM, un enfant n'est en général pas capable d'avaler des comprimés ou des gélules avant 6 ans. Avant cet âge, les formes liquides, sachets, gouttes ou comprimés à dissoudre sont plus adaptés.

Les huiles essentielles sont-elles dangereuses pour les enfants ?

L'ANSES les déconseille aux enfants, car elles peuvent contenir des substances neurotoxiques. Les suppositoires à dérivés terpéniques sont contre-indiqués avant 30 mois en raison du risque de convulsions.

Peut-on remplacer la vitamine D prescrite par un complément ?

Les autorités de santé recommandent de privilégier les médicaments chez l'enfant, après des cas de surdosage graves liés à des compléments, et de ne jamais cumuler plusieurs produits de vitamine D.

Au comptoir, la boîte suffit

L'âge, la forme et les composants secondaires sont écrits sur l'étui, mais rarement au même endroit. Un scan qui ramène la bonne fiche, avec ses contre-indications et sa posologie, laisse le temps de poser les trois questions qui comptent. Pour la méthode de lecture d'un étui, voir lire l'étiquette d'un complément alimentaire.

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Cet article a une vocation informative et ne remplace pas le jugement du professionnel de santé. La conduite à tenir pour un patient donné dépend de son traitement, de ses pathologies et de l'avis de son médecin.

Sources